2008 a-t-il jamais existé? Pas ici! Ici, on passe de décembre 2007 à janvier 2009.
En fait c’est une histoire assez intéressante. Je ne sais pas si vous allez me croire. Et à vrai dire j’en ai très peu à en cirer. Je vous raconte quand même, comme ça, pour le plaisir. Personne ne vous oblige tout de même à me lire ! (Enfin à moins que vous soyez un ami proche à qui je mentionne comme ça “ha oui, en passant, j’ai repris mon blogue” et que vous vous sentez obligé de lire mes cochonnerie et me complimenter sur mon merveilleux style par la suite. Voici un petit truc dans ce cas: vous pouvez me complimenter SANS me lire. De rien.)
Donc, oui, cette histoire. C’était en décembre 2007. Vers la fin décembre, juste avant le supplice annuel de d’interminables soupers en familles, échanges de banalités en sous d’un tas de branches qui perdent leurs épines et sourires forcées. Entre deux emballages de trucs inutiles, mais jolis, qu’on aime bien offrir en pareilles circonstances, je me suis retrouvée à réfléchir au sens de ma présence sur cette singulière planète et à mes grandes contributions à l’humanité dans l’année qui tirait à sa fin. Les conclusions ont été foudroyantes. Je ne servais à rien, la vie n’était qu’une suite d’instants sans importance ni but aucun, je n’accomplissais rien de significatif pour les générations à venir, mon existence ne valait pas plus que celle d’un flocon de neige, destiné inévitablement à échouer sur un amas de ses semblables et périr d’une façon prévisible sous la tyrannie des lois de la nature.
Émergeant de ces tristes pensées, j’ai pris la ferme résolution de changer le cours de ma vie. De la rendre importante, utile, digne des dictionnaires de noms propres et de livres d’histoire. Je me suis engagée à transformer le monde qui m’entoure, à faire une différence dans le sort de la planète, de nourrir les affamés et instruire des analphabètes, d’adopter les orphelins et soigner les lépreux, de construire des huttes en terre cuite et les recouvrir de toits de paille, de conduire des manifestation contre les guerres inutiles, de me faire élire au parlement, de parler pour ceux qui n’ont pas de voix et voir pour ceux qui n’ont pas de yeux, d’écrire pour ceux qui n’ont pas internet et chanter pour ceux qui sont trop sourds pour en souffrir. Et tandis que j’élaborais ces plans grandioses, que j’échafaudais ces projets héroïques, le monde continuait à tourner à une vitesse effrénée. À tel point que lorsque j’ouvris enfin les yeux pour contempler cette civilisation que j’allais sauver de sa perte et mener à son apogée, on était déjà au mois de janvier. 2009. Et je n’avais rien fait. Et il y avait la crise financière et la bande de Gaza et le divorce de Madonna et…et…et…
Alors voilà mon histoire d’une année 2008 qui n’a jamais eu lieu. Et de l’année 2009 où je trouverais réellement les réponses à tous les maux de la terre. Ou du moins quelques uns. Ou du moins j’essaierai. Ou du moins, cette fois-ci, je garderai les yeux ouverts et je tacherai de vivre. Tout simplement.