Publié par : koko kaï | 9 juin 2007

Pour vivre des fois, il faut souvent mourir

L’interaction à travers les blogues, c’est lâche.  L’interaction par l’écriture c’est lâche en général.  On nous a appris à être lâches très jeunes.  “Si tu n’es pas confortable d’en parler à tes parents, tu peux peut-être leur écrire une lettre et la placer sur la table de cuisine?”  “Pour dire que tu aimes grand-maman, fais-lui donc une carte et envoie-la par la poste.” “Si tu veux déclarer ton amour à ta flamme, glisse-lui donc une note dans son casier.” Les paroles s’en vont, les écrits restent?  Mensonges!  Ils s’en iront vos écrits.  Dans la poubelle.  Dans le bac de récupération. Dans le feu. Dans les limbes informatiques.  Ils seront perdus, effacés, oubliés…et vous n’aurez même pas vécu l’émotion de les dire…et vous n’aurez même pas su l’émotion de les recevoir.

 Ce qui m’amène à répondre à certaines personnes qui m’accusent d’attaquer des gens fragiles, encourager le désespoir et propager des pensées suicidaires.   Tout ceci est parfaitement vrai.  Car rien ne vaut un bon suicide pour se donner le goût de vivre. 

Moi-même, je suis sur le point de me pendre, me tirer une balle, me lancer devant un train, me trancher une artère, m’empoisonner, me noyer, m’étrangler ou m’engager un tueur à gages au moins trois fois par jour.  Quand je manque d’inspiration, je fais des recherches google sur les méthodes de suicide les plus efficaces ou les plus loufoques.  Et malgré ce qu’en pense mon psychiatre, c’est parfaitement sain.  C’est que, voyez-vous, je préfère les méthodes de suicide rapides à celles qui prennent des années à vous tuer: comme un travail ennuyeux, un mariage malheureux, une passion réprimée, une amitié étouffante, une routine nauséabonde, une blessure dissimulée, une vie passée à faire semblant de vivre.

Ainsi, pour vous sortir d’une vie destinée à nier sa mortalité, je vous propose l’exercice suivant.  1) Commencez par choisir votre méthode de suicide; 2) Fixez une date pour votre exécution ; 3) Faites la liste des choses que vous voudriez faire avant de mourir.  Avec la certitude de la mort, une panoplie de vos vieux rêves égarés vous sembleront tout à coup réalisables.  Peur de finir sur l’assistance sociale si tu lâches ton travail de comptable pour te joindre à une troupe de théâtre? Et alors? De toute façon tu vas mourir.  Peur de blesser ton partenaire en lui avouant que la passion a fui il y a bien longtemps par la porte arrière?  Et alors? La culpabilité ne te suivra pas dans l’autre monde.  Peur de devenir la risée de tes amis en troquant ton condo au centre-ville pour une yourte mongole? Peur de ne pas trouver d’éditeur pour ton futur roman?  Peur de ne pas être élu?  Peur de ne pas être aimé?  Peur d’être seul?  Toutes ces peurs qui justifient l’inaction paraissent futiles quand tu es certain de mourir. 

Et quand tu vas découvrir toutes les possibilités de ton existence, tu vas vouloir reculer la date de ton suicide.  Et la reculer encore.  Parce qu’à chaque fois, il sera trop tôt pour partir: il y aura encore tant à faire.

 Lecteur, tu vas mourir.  Ce n’est pas la question.  Tout le monde meurt.  Si peu de gens vivent.

L’écriture, c’est lâche.  L’écriture, ce n’est qu’une demi-vie.  Mais  c’est déjà ça.

 Avertissement :Ce texte a pour but de vous encourager à vivre et non à mourir.  Il ne remplace en rien une évaluation psychiatrique.   Si vous éprouvez des pensées suicidaires réelles ou pensez souffrir de dépression ou d’anxiété, communiquez immédiatement avec un professionnel de la santé.

Publié par : koko kaï | 8 juin 2007

Il faut s’aimer dans la vie

Certaines personnes manquent terriblement de respect envers elles-mêmes.   Et là je ne parle même pas des gens qui prennent leurs blogues pour des journaux intimes…intimité en moins.  C’est quand même drôle que sous le couvert de l’anonymat tout devient tout à coup « racontable ».  On vit dans un paradoxe virtuel.  D’une main on s’insurge contre les caméras dans les lieux publics au nom de la sainte protection de la vie privée et d’une autre on expose sans pudeurs le détail de ses derniers ébats avec la jardinière.    

Mais j’ai dit que je n’allais pas parler de ça. Ce dont je voulais parler c’est le taouin vêtu de culottes de bain et d’une camisole serrée qui se trémousse au son de boumboum sonores debout sur un tabouret devant le LaBaie rue Ste-Catherine.    Je ne sais pas qui est responsable du programme de marketing du super événement de la Formule 1 qu’on aura la joie et le bonheur d’accueillir dans notre belle ville, mais il va falloir qu’il m’explique une fois pour toutes le lien entre conduire un machin bruyant habillé en cuir et s’exhiber en  sous-vêtements devant des gens qui essayent tranquillement de manger leurs sandwich dans le parc à côté.  Non, mais c’était quoi l’offre de job? « Vous n’avez aucune estime de vous? Vous aimez vous humilier publiquement? Vous voulez avoir l’air d’un méchant cabotin? Nous avons plein de postes excitants pour vous, tels que : pitoune pour concours de bikini, danseur de tabouret, bande de retardés qui font semblant d’être heureux sur un toit d’autobus… »  Et le gars il s’est dit quoi en acceptant de faire ça? « Ho, ça va être beau dans mon C.V. » ou « Je vais enfin pouvoir démontrer mes compétences » ou « Quelle belle occasion de m’épanouir en tant que personne »

Sérieusement…  où va le monde?  Fallait absolument que je coure  raconter ça à moi-même.   

Publié par : koko kaï | 8 juin 2007

Sensibilités

- Vous savez, moi, je garde tout à l’intérieur.

- Oh, vous êtes quelqu’un de très renfermé?

- Non, juste très constipé.

Publié par : koko kaï | 7 juin 2007

C’est d’la marde

Je tiens à vous dire à tous qui n’avez rien à faire de votre matinée/soirée/heure de lunch que les blogues c’est d’la marde! Eh non, je n’ai pas l’intention de rectifier mon langage, d’écrire quelque chose de soutenu ou de songé. C’est d’la marde. Un point c’est tout.

Pourquoi tu continues à lire, merde? J’ai dit que je ne voulais rien savoir. Hey, ça suffit là. Ouste! Trouve-toi autre chose à faire.

Non, mais tu ne comprends pas ou quoi? Ok. Je vais t’expliquer moi pourquoi tu es en train de perdre ton temps. 1) Je n’ai rien à dire 2) Tout ce que j’ai à dire c’est que je pense que les blogues c’est d’la marde 3) J’ai un blogue qui dit que les blogues c’est d’la marde 4)Ce qui démontre que je souffre d’un dérangement psychique profond 5) Ce qui laisse présager que je suis peut-être psychopathe aussi 6) Alors peut-être que je suis en train de te retracer pendant que tu lis ces lignes 7) Et que je suis déjà derrière toi au moment présent et que je vais te trancher la gorge dans 5….4….3….

Encore là? Les gens dans ton espèce c’est vraiment haïssable. Je vais te dire moi c’est quoi ton problème. Tu te dis “Ho, un nouveau blogue, voyons ça!” et là tu te dis ” Ho, pourquoi la vie des autres? Je me demande si ça va être expliqué dans l’article”. Non! Je n’ai rien à t’expliquer. Je ne te dois rien. T’es personne, ok? Je n’ai rien à faire de toi! Tu penses peut-être que je vais essayer de te démontrer l’habileté de ma plume ou la profondeur de mon esprit? Rien à foutre. Je ne vais pas essayer de t’impressionner. J’ai une estime de moi, tu sauras. Je n’ai pas besoin de ton approbation. Je n’ai pas besoin de tes commentaires. Je n’ai pas besoin de toi.

Allez…S.T.P. laisse-moi. Je n’ai vraiment pas besoin de ça ce soir. Ça va pas. Écoute…. Non, je n’ai pas envie d’en parler. Je vous connais. Vous êtes tous pareils. Aujourd’hui je suis une curiosité, tu fais attention à moi, j’existe…et demain…un mot, une faute, une mauvaise rime, une fausse note…et je vais être là, avec ma solitude, à parler dans le vide. Alors finissons-en toute de suite, veux-tu?

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