Publié par : koko kaï | 18 janvier 2009

Le vide solitaire et fini du soi

Le vide. Le vide insoutenable de l’existence. Qu’on tente de combler avec des mots, des rires, des soupirs amoureux et des grands coups de cape.

La solitude. La solitude qui ne veut se taire. Son grincement ardent, avide d’attention. Son amour propre sans affection.

Le fini. Le fini de toute inéternité. Le destin de chaque instant qui s’échappe par d’infimes fissures vers l’abîme colossal.

La présence. Sa propre présence. La présence constante de cet être que l’on ne connaît pas.

Publié par : koko kaï | 6 janvier 2009

Ré-solutions 2009!

2008 a-t-il jamais existé?  Pas ici!  Ici, on passe de décembre 2007 à janvier 2009. 

En fait c’est une histoire assez intéressante.  Je ne sais pas si vous allez me croire.  Et à vrai dire j’en ai très peu à en cirer.  Je vous raconte quand même, comme ça, pour le plaisir.  Personne ne vous oblige tout de même à me lire ! (Enfin à moins que vous soyez un ami proche à qui je mentionne comme ça « ha oui, en passant, j’ai repris mon blogue » et que vous vous sentez obligé de lire mes cochonnerie et me complimenter sur mon merveilleux style par la suite.  Voici un petit truc dans ce cas: vous pouvez me complimenter SANS me lire. De rien.)

Donc, oui, cette histoire.  C’était en décembre 2007.  Vers la fin décembre, juste avant le supplice annuel de d’interminables soupers en familles, échanges de banalités en sous d’un tas de branches qui perdent leurs épines et sourires forcées.  Entre deux emballages de trucs inutiles, mais jolis, qu’on aime bien offrir en pareilles circonstances, je me suis retrouvée à réfléchir au sens de ma présence sur cette singulière planète et à mes grandes contributions à l’humanité dans l’année qui tirait à sa fin.  Les conclusions ont été foudroyantes.  Je ne servais à rien, la vie n’était qu’une suite d’instants sans importance ni but aucun, je n’accomplissais rien de significatif pour les générations à venir, mon existence ne valait pas plus que celle d’un flocon de neige, destiné inévitablement à échouer sur un amas de ses semblables et périr d’une façon prévisible sous la tyrannie des lois de la nature.

Émergeant de ces tristes pensées, j’ai pris la ferme résolution de changer le cours de ma vie.  De la rendre importante, utile, digne des dictionnaires de noms propres et de livres d’histoire.  Je me suis engagée à transformer le monde qui m’entoure, à faire une différence dans le sort de la planète, de nourrir les affamés et instruire des analphabètes, d’adopter les orphelins et soigner les lépreux, de construire des huttes en terre cuite et les recouvrir de toits de paille, de conduire des manifestation contre les guerres inutiles, de me faire élire au parlement, de parler pour ceux qui n’ont pas de voix et voir pour ceux qui n’ont pas de yeux, d’écrire pour ceux qui n’ont pas internet et chanter pour ceux qui sont trop sourds pour en souffrir.  Et tandis que j’élaborais ces plans grandioses, que j’échafaudais ces projets héroïques, le monde continuait à tourner à une vitesse effrénée.  À tel point que lorsque j’ouvris enfin les yeux pour contempler cette civilisation que j’allais sauver de sa perte et mener à son apogée, on était déjà au mois de janvier.  2009.  Et je n’avais rien fait.  Et il y avait la crise financière et la bande de Gaza et le divorce de Madonna et…et…et…

Alors voilà mon histoire d’une année 2008 qui n’a jamais eu lieu.  Et de l’année 2009 où je trouverais réellement les réponses à tous les maux de la terre.  Ou du moins quelques uns.  Ou du moins j’essaierai.  Ou du moins, cette fois-ci, je garderai les yeux ouverts et je tacherai de vivre.  Tout simplement.

Publié par : koko kaï | 5 décembre 2007

Le coeur dans les talons d’Achille

Aujourd’hui j’ai le coeur tout éparpillé par terre.  

Je croyais qu’il allait fondre, mais il a plutôt éclaté.   Erreur de traduction.  On m’avait assuré qu’il était de glace.  Fallait dire en verre.   Trop tard maintenant pour le retourner: la garantie ne couvre pas le bris causé par mauvais usage.

Je me demande si je devrais aller m’en acheter un autre.   Les soldes de Noël battent leur plein: je vais peut-être pouvoir en trouver un bon marché.  D’un autre côté, comme je ne sais jamais quoi demande au Père Noël, je pourrais peut-être le mettre sur ma liste de cadeaux.  Je peux bien patienter deux-trois semaines.  Et puis au pire il y a le Boxing Day.

À moins que je ne renonce à mes envies de consommation compulsive….  Un coeur, pour quoi faire?  Vaut mieux faire de l’investissement durable:  m’acheter un rein ou autre organe utile qui fonctionne bien et longtemps et que je peux facilement revendre.

Bon, amis, surtout rappelez-vous qu’un coeur, faut l’utiliser avec prudence.  Activez en tout temps votre logiciel anti-virus et votre firewall. 

Publié par : koko kaï | 28 novembre 2007

Je ne suis pas de retour

Entrée de blogue classique:  « Je suis de retour!  Désolée de vous avoir abandonné tout ce temps mais….je faisais ci, ça et ceci….j’étais en vacances là….je pensais à cela….je vivais tel truc terrible ou telle aventure merveilleuse….je me roulais dans la boue en criant « Badabalawouéwé »… »

 Hey….. on s’en fout!!! Non, mais, crois-tu réellement que ton public de 5 personnes composé de ton meilleur ami, ta mère et de pauvres surfeurs de web imbéciles qui tombent sur ta page par hasard en cherchant « gros seins » sur Google se sont même rendus compte que ça fait 6 mois que tu n’a pas ajouté une seule ligne à ta longue liste d’insignifiances? Au mieux, ils ont été heureux de constater que tu as enfin une vie…  Ce qui n’est plus le cas apparemment.

Enfin.  Je ne vois rien de mal à combler ses nuits d’insomnies à écrire des banalités.   Mais de grâce: n’appuyez pas sur « Publier » quand vous avez fini!

Publié par : koko kaï | 15 août 2007

Regrets

Des fois, il y a ces bonheurs qu’on ne goûte qu’à moitié parce que l’on en oublie l’amertume de son quotidien.    

Publié par : koko kaï | 28 juin 2007

Parce que tu es responsable de ce que tu as apprivoisé

Ce soir j’ai mal.  Parce que je refuse d’être esclave du bonheur. 

La douleur reste là. Affamée.  Le poil souillé de sable humide.  Elle me regarde.  Je feins de l’ignorer.  Elle grogne. 

Je regarde au loin en essayant de saisir le coucher du soleil derrière l’épaisseur des nuages. 

Il se met à pleuvoir.  Goutte à goutte. 

J’ai froid. 

La tristesse de la scène me fascine. 

Et puis je me mets à rire  gorge déployée.  Je me roule dans la boue et je ris.  Et elle rit avec moi. 

 Ma douleur.  Ma douleur à moi.  Ma douleur apprivoisée. 

Publié par : koko kaï | 27 juin 2007

Admiration béate

La plupart des blogues sont mauvais.  La plupart des gens qui se prennent pour des écrivains ne sont que des médiocres imitations de leurs propres phantasmes. 

Et puis il y a ça.

J’encourage ainsi tous les écrivailleurs sans talent, tous les poètes ratés, tous les artistes sans art, à s’incliner devant cette oeuvre et unir leurs forces afin d’aider Ironica à se faire congédier de son travail,  ainsi qu’établir un mécénat destiné à la faire vivre dans une misère confortable (il faut bien sûr la garder misérable; c’est un pré-requis pour tout écrivain qui se respecte). 

Publié par : koko kaï | 18 juin 2007

Philosophie de sous-sol

Aujourd’hui, quelqu’un a écrit dans un engin de recherche  – « il faut vivre pour mourrir ».  À son grand malheur, cette personne est tombée sur ma page.  Bon, premièrement, avant d’essayer de décrocher le prix Nobel de philosophie (soit dit en passant: vaine entreprise), apprends donc à écrire.  Mourir ça prend juste un r.  À moins que tu ne sois vraiment enrrrrragé par la vie. Deuxièmement, quel genre de réflexion est-ce que c’est??  À moins que ce ne soit une déclaration pro-choix.   Dans quel cas je suis tout à fait d’accord: j’en ai marre moi aussi d’entendre parler de « meurtres de bébés non-nés ».  Mais troisièmement, ce dont je veux réellement parler, c’est de la philosophie à cinq sous qui fait des ravages sur des blogues.

Vous n’en avez pas assez vous de lire des articles qui commencent par « Il est deux heures du matin et je n’arrive pas à dormir »?  Va donc prendre un verre de lait, lire un livre, faire un appel outre-mer.  Penses-y deux secondes: quelle réflexion fructueuse et réellement intelligente peut être produit par ton esprit torturé par la fatigue et étourdi par l’insomnie?  Et oublie donc ces histoires d’écrivains qui chient leurs meilleurs morceaux complètement pétés sur le crack, les veines gonflées d’alcool et la cervelle en compote après avoir été privée de sommeil depuis 72 heures.  Ce sont des foutaises.

La preuve?  Vous écrivez tous la même histoire à deux heures du matin.    « Ha la vie n’est qu’une profonde suite d’illusions. »  « Nous ne sommes que des moutons condamnés à tourner en rond dans le cercle perpétuel d’une existence dénuée de sens. »  « Ma jeunesse me file entre les doigts et je n’ai encore rien accompli. »  « Pourquoi moi? Pourquoi suis-je consciente de ce vide? » 

Écoutez, enfin, il y a déjà trop d’écrivailleurs sur cette Terre.  Il doit même avoir plus d’écrivailleurs que d’avocats.   Alors, laissez-donc vos illusion de gradeur dans la penderie et allez vous coucher: il faut se lever tôt pour aller bosser demain matin. 

À la personne qui a écrit cette phrase : ce n’est rien de personnel.  Continues à réfléchir : tu vas peut-être finir par trouver quelque chose d’original.   C’est toujours mieux que chercher des « méthodes de suicide » sur cette page…mais ça c’est une autre histoire.  

Publié par : koko kaï | 16 juin 2007

Désirs d’@mour

Je déteste les personnes qui se servent de leur blogue pour parler de leur vie. 

Premièrement, on s’en fout.  Est-ce que je veux vraiment savoir que Mimi-la-Souris a eu une grosse peine hier soir quand un certain Benoit, dont je ne sais rien, a écouté le hockey toute la soirée et ne lui a prêté aucune attention malgré le fait qu’elle a dépensé une fortune sur un ensemble de lingerie bleu pâle avec des fleurs roses?  Est-ce que j’ai demandé à me faire raconter ce que le petit monstre de fils de Philippe450 a fait au Planétarium en fin de semaine et me faire montrer une photo avec ça? 

Deuxièmement quand on ne s’en fout pas c’est pire.  Il y a quelque chose de gênant à s’avouer abonné aux aventures tout à fait banales  de Célibatorilette dans la Cité et se demander sincèrement si elle va finir avec Jean-Pierre ou Jean-Jacques ou encore s’avouer enfin son penchant homosexuel et épouser la belle Mathilde. 

Troisièmement, on se sent humilié pour la personne qui écrit.  Surtout quand elle écrit quelque chose comme « Moi je suis une étudiant en litérature Française et j’aimes beaucoup écrire et espére devenire une grande écrivain ».  Surtout quand il y a son vrai nom et sa photo sur le blogue.

Cependant, aujourd’hui, je ne me sens pas d’humeur à continuer la longue liste des raisons pour lesquelles je déteste les bloggeurs qui crient leurs sentiments, désirs, plans de vie et échecs au monde entier.  Aujourd’hui je suis en @mour.  Oui, avec un @, ainsi qu’un www et un http://.

J’ai enfin trouvé la personne de mes rêves.   Quelqu’un d’obsessif, émotionnellement dérangé et absolument fou de moi.  Oui, aujourd’hui, quelqu’un a tapé mon nom six fois dans un moteur de recherche.  Il s’est rendu six fois sur mon blogue et l’a fouillé six fois de fond en comble.  Le chiffre de la bête ne trompe pas. (Bien sûr, il se peut très s’agir de six personnes différentes, mais à quoi bon raisonner quelqu’un qui se meurt d’amour!)

Je peux encore sentir son odeur sur ma page.  Ses doigts sur son clavier.  La goutte de sueur sur son front.  Il se croit invisible, mais je l’observe, je le suis, je scrute chacun de ses gestes à quelques heures de là. 

Enfin quelqu’un qui me ressemble.  Quelqu’un qui cherche à connaître les gens en demandant l’histoire de leur vie à Google.  Quelqu’un qui épluche chaque trace laissée par la personne en s’inventant l’image complète de son existence.  Quelqu’un qui n’écrit pas de messages, ne laisse pas de commentaires, qui garde jalousement ses phantasmes pour lui seul.  Qui vit dans un monde translucide.

Ha, si seulement je pouvais embrasser et posséder les poubelles de son esprit aussi violement qu’il s’approprie des miennes.

Publié par : koko kaï | 15 juin 2007

D’accord, je vais t’expliquer

Le blogue, c’est une façon d’exister.  Une existence que les autres reconnaissent d’une drôle de manière.  Jusqu’à maintenant personne n’est venu laisser de commentaire sur mes pathétiques écrivailles.   Je sais combien de personnes se sont rendues jusqu’à moi.  Je ne sais pas s’ils ont simplement parcouru les lignes ou s’ils ont réellement lu les phrases qui j’y ai laissées.  Je ne sais pas ce qu’ils en ont pensé.  Mais ce que je sais, c’est que pour au moins une seconde, j’ai existé pour eux.  Pour des inconnus.

Hier, deux personnes sont tombées sur ma page en recherchant des « méthodes de suicide ».   J’ai envisagé d’enlever mon dernier article.   Et si quelqu’un me prenait au sérieux?  Et puis j’ai pensé, et si, au contraire, quelqu’un appréciait mon article et embrassait la vie au lieu de la fuir?  Je ne sais pas si les personnes qui sont tombés sur mon article par hasard en ont même lu un seul paragraphe.   Mais tout à coup, mes déblatérations qui ne sont destinées qu’à moi-même sortent des tunnels congestionnés de mon cerveau et se retrouvent là, nus devant la foule.  Et si quelqu’un pensait, en me lisant « c’t’une’ostie’d’conne »? 

Aujourd’hui, quelqu’un s’est retrouvé sur ma page en écrivant  « explique moi pourquoi ne pas partir ».  J’ai pris la demande au sérieux.  Cependant, j’ai besoin de plus d’information.  Ne pas partir où ou d’où?  Est-ce que tu envisages à quitter une relation?  Est-ce que tu hésites à partir à l’autre bout de la Terre?  Est-ce que tu penses à laisser tout jamais le monde des vivants?  Dis-moi.

C’est frustrant.  Savoir exister, mais ne pas connaître la nature de son existence.  Poser des questions, mais ne pas avoir des réponses.  Sentir l’existence des autres, mais ne pas pouvoir la saisir.   Recevoir des bribes de vies, mais être incapable de percevoir l’individu.  Se faire demander d’expliquer…mais être incapable de s’expliquer à soi-même pourquoi on est tant touchés par quelques mots égarés par un inconnu.

Pouf! Et je suis un fantôme.

Ce qui me ramène à ma première idée: les blogues c’est d’la marde.

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